Quand la chute d’hormones est un enfer

 

La semaine la plus longue de ma vie.

Aujourd’hui nous allons parler d’un sujet, que j’ai eu du mal à trouver lorsque j’étais enceinte. Celui de la chute d’hormones; ou comment j’ai cru que ma vie était la plus misérable du monde. C’est presque six mois après mon accouchement que je trouve le courage d’écrire ces mots. Ce billet, il est pour vous, mais également pour me laissais une trace.
J’ai été transférée dans un autre établissement, à l’annonce du diagnostic au cours de ma grossesse. Donc il est vrai que j’appréhendais assez l’idée d’accoucher dans une autre maternité. Je ne l’avais pas tellement choisi et je n’avais lu que des articles qui ne me donnaient pas tellement envie {bon vous imaginez bien, que je n’étais donc pas parti très optimiste}. C’est comme ça qu’à l’automne dernier, je donnais naissance à mon fils. Ce qui annonçait le début d’une semaine haute en émotion. A la hauteur de mon mal-être.

C’est du moins l’impression que j’ai ressentie lors de mon séjour à la maternité. C’est à 20h40 que le p’tit panda a pointé le bout de son nez. Autant vous dire que nous étions dans notre bulle d’amour; rien que tous les trois. Le peau à peau a bien duré 2h, avant qu’on l’emmène dans la salle d’à côté pour lui faire ses premiers soins {marche, mensurations…}. Mon conjoint est parti avec lui. J’étais seule, sans mon téléphone, sans personne à qui parler. Ca a duré 20 bonnes minutes. Moi et mon ventre vide nous étions dans celle salle, qui semblait inévitablement froide finalement. Je trouve ça vraiment dommage que certaines maternités ne choisissent pas de faire les premiers soins dans la même salle; au plus près de sa maman.

Il ne peut pas rester dormir.

Dans cette maternité, les papas ne peuvent pas rester dormir, ce que je trouve complètement aberrant. A quel moment est-ce qu’on prive un père de découvrir son enfant ? A quel moment on prive un homme de soutenir sa femme la nuit ? A quel moment ? Sincèrement, je suis contre l’idée que seule la mère ai le poids d’assumer son enfant la nuit. Je ne pense pas que ce soit la meilleure des idées et je trouve que cette inégalité devrait changer, du moins pour les maternités où cette règle existe encore. Donc que mon conjoint ne pouvait pas rester dormir la nuit, ce qui me rendait déjà bien triste. Sauf que ça ne s’est pas arrêté à ça. Un homme sage-femme est venu nous voir vers 23h, pour nous avertir que mon conjoint devait bientôt s’en aller. Mon fils était né depuis 2h10 et mon chéri devait déjà partir. Alors sur le moment et avec la fatigue, sans trop savoir pourquoi, et sans le recul nécessaire pour mieux rebondir, c’est vrai, nous l’avons écouté et il est parti. Mais si c’était à refaire.. jamais oh grand jamais il ne serait rentré. Parce que cette cassure a été extrêmement violente pour lui. Il l’a très mal vécu. Et encore aujourd’hui, le souvenir de mon accouchement n’en est pas un bon. Quant à moi j’étais tellement épuisée que j’ai dormi une très grosse partie de la nuit, tout comme mon fils. Sauf que cette cassure brutale, cette séparation spontanée et inattendue m’a littéralement fragilisé pour le reste du séjour. 

Et c’est à 7h le lendemain matin, que mon chéri nous a rejoint dans la chambre {ouf}. J’étais de nouveau dans ma bulle d’amour. Malgré la souffrance que mon corps m’infligeait {c’est simple, j’avais l’impression qu’une tractopelle m’était passée dessus}. La journée est passée assez rapidement finalement, avec son lot de visites, d’appels et autres bonheurs. Mais le soir arrivait à grands pas. 20h sonnait avec angoisse {heure à laquelle les papas devaient quitter leur femme} je m’écroulais. Littéralement. je m’effondrais de douleur et d’abandon. Comme si mon corps n’allait pas survivre à ce manque de soutien et d’affection. Comme si mon coeur allait mourir loin de lui. Et ce n’était pas l’idée d’endosser seule mon rôle de mère qui me rendait mal, parce qu’il est vrai que pour cela, j’avais une extrême confiance en moi. Mais j’avais besoin de mon homme. De son soutien, son amour, ses bisous et ses câlins. J’étais tombée une seconde fois amoureuse de lui. J’avais besoin de l’avoir auprès de moi.

Ce manque d’informations.

Et sincèrement j’ai été déçue ! Extrêmement déçue de voir qu’il y avait aussi peu d’informations concernant cette chute d’hormones, que ce soit dans les blog, sur les chaines youtube.. Ce manque de transfert familial et de témoignage m’a laissé toute ébaubie. Parce que j’aurais aimé que quelqu’un me dise que cela pouvait se produire. Et surtout, quoi faire pour m’aider. Ce manque d’affection, se manque de confiance en soi loin de la personne qu’on aime, se manque d’amour finalement. J’ai été submergée par cette violence sans que personne n’ai pu m’en parler auparavant. Ma maman m’avait parlé de son baby-blues après son séjour à la maternité. En lien avec moi surtout. Mais le problème qui se tenait là devant moi n’était en rien lié avec mon fils mais bel et bien avec mon homme. Je pleurais tous les soirs… au départ de mon chéri. C’était dévastateur. Lorsqu’il arrivait à la maison, il m’appelait. Mangeait au téléphone. Se douchait presque au téléphone {non quand même pas.. mais presque lol}. Et surtout je m’endormais avec lui au téléphone. Bref, j’étais extrêmement mal. Comme si mon coeur se trouait littéralement. Comme si ma vie en dépendait.
Le personnel de santé n’a absolument pas été un soutien pour moi. Trop de travail, ce qui donne certainement une priorité aux bébés et non aux mamans. J’étais seule, avec mes peurs et mes angoisses que je n’arrivais à parler qu’à mon homme. Tout en sachant, qu’il s’agissait d’un cercle vicieux, puisque je voyais que ça le rendait mal de me voir comme cela, ce qui me rendait encore plus mal par la suite…

Et puis nous sommes rentré.

La semaine a été très longue. Je suis restée 7 jours à la maternité parce que le p’tit panda avait la jaunisse. Ce qui nous a valus de longues heures de tunnels, de prises de sangs ratées et de consultations en pleine nuit… Le seul point positif que j’ai trouvé durant ce long séjour, c’est bel et bien la mise en place de mon allaitement qui s’est passé à merveille.
Tout ceci a pris fin dès mon retour à la maison. Alors je ne sais pas si on peut réellement parler de baby blues, puisque cette petite dépression n’était en rien liée avec mon fils, mais bel et bien  en lien avec la séparation qu’il y avait entre mon homme et moi. Heureusement d’ailleurs que le lien avec mon petit garçon s’est fait immédiatement, que j’ai été submergée par une confiance intense quant à mon rôle à jouer auprès de lui. Comme si tous les gestes m’étaient dictés par instinct. Comme s’il s’agissait du rôle de ma vie.
Nous étions rentré à la maison, dans notre univers, notre cocon familial, notre bulle d’amour. J’étais bien. 

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❝Alors si j’avais un conseil à donner à toutes les futures mamans qui me lisent, ce serait de vous écouter. Si c’est important que votre conjoint reste auprès de vous durant le séjour, et bien choisissait votre maternité en fonction de ça. Imposez-vous face à ce que le personnel de santé vous dit quant au fait de partir à une heure donnée. Si vous avez besoin de plus de temps et bien donnez-vous le droit d’en bénéficier. Il existe moulteetmoulte homéopathie contre le stress, l’anxiété.. même si vous pensez ne pas en avoir besoin, et bien prévoyez tout de même de quoi vous détendre si cela devait vous arriver. Si c’était à refaire, je me serai prit l’Ipad aussi, pour regarder quelques films le soir, seule. Heureusement que ma maman m’a apporté des magazines pour m’occuper. Mais sincèrement, écoutez-vous. Et n’ayez pas honte si cela vous arrive. Personne ne vous jugera. Et ce n’est absolument pas une marque de faiblesse, mais une preuve d’humanité. Oui nous éprouvons des émotions et c’est parfois difficile de contrôler une chute aussi violente.❞


Des bisous mes chouquettes

8 réflexions sur “Quand la chute d’hormones est un enfer

  1. Je n’ai pas vécu ça aussi durement, mais c’est vrai que cette règle est très bête – bien qu’elle ait sans doute un intérêt en termes de sécurité. Après, j’ai aussi trouvé que ces « nuits » seule avec ma nouvelle merveille me permettaient de mettre en place ma relation avec elle ; une sorte de moment que seule nous deux aurions vécu. D’ailleurs je n’ai jamais laissé mes filles en pouponnière à la mater, elles sont toujours restées avec moi. Mais tu as raison – si c’est un point important, autant se renseigner dessus avant de choisir sa maternité!

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    • Oui oui je suis tout a fait d’accord avec toi sur le lien qui se crée, mais sincèrement mon chéri aurait aimé lui aussi le faire ce lien. Ils a eu énormément de mal à s’y faire.. nous laisser le soir. Ca le rendait malade. Moi non plus, il n’a jamais été en pouponnière :) La maternité que j’avais choisi au départ, autorisait les papas à rester dormir, et c’était aussi un des critères de sélection. Mais bon.. pour la prochaine grossesse ce sera encore différent parce qu’on aura le p’tit panda aussi ihi On verra en temps et en heure lol. Des bisous !!

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  2. Par chance, chéri a pu dormir avec nous, dans mon lit de maternité. Je trouve ça aberrant qu’on interdise aux papas de rester avec leur femme et leur enfant. Pourquoi ils auraient moins de pouvoir que nous ? Tu n’as pas du apprécier ton séjour à la maternité, ça n’a pas du être simple. J’espère que pour bébé deux ce sera différent. Bisous !

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    • Effectivement je n’ai pas du tout apprécier ce séjour lol j’espère effectivement que ce sera différent pour babytwo ✨ tout en sachant que le p’tit panda sera là aussi. Donc ce sera aussi important que Maël ai son papa auprès de lui.. mais bon là c’est encore une autre histoire (rire) . Je te fais plein de bisous 💞

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  3. Pour le coup j’ai adoré mon séjour à la maternité car la mienne proposait des « suites » dans lesquelles le papa avait même une pièce avec un canapé pour dormir. Pour te dire je ne voulais pas rentrer chez moi, j’étais bien avec mes deux hommes, je ne devais juste penser qu’à nous 3.
    Cependant au départ la maternité était pleine et j’ai dû rester une mâtinée en chambre double dans laquelle les papas ne sont pas autorisés la nuit, ni même le matin pendant les visites. J’ai accouché à 4H50, environ 2h après on te met dans une chambre double avec ton bébé et hop le papa doit parti et là tu te retrouves seule, et tu réalises pas. Je peux donc comprendre ce que tu as vécu, ce choc, cette cassure du lien trop brutale même si après ça n’a pas duré.

    Je ne comprends pas que les pères ne puissent pas rester s’ils le désirent, comme si ils n’avaient pas besoin eus non plus d’être avec leur bébé. Sans parler du fait que généralement tu as mal partout, tu es épuisée, et que parfois tu as besoin d’avoir une aide que le personnel ne te donne pas forcément. Une fois le bébé arrivé, la mère n’est plus vraiment pris en considération.
    Ma belle soeur a accouché il y a deux semaines et tu vois ils l’ont laissé galere avec son allaitement la pauvre, personne pour la conseiller ou l’aider.

    En ce qui concerne la chute d’hormones ou le baby blues, j’ai eu quelques jours pendant lesquels je pleurais facilement mais c’était pas parce que j’avais peur de mal faire mais parce que dès que je détournais le yeux de mon bébé j’avais l’impression de l’abandonner. J’avais besoin de ce lien avec lui.

    Je t’embrasse.

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    • Je suis tout à fait d’accord avec toi ✨ rolala il y avait cette possibilité là aussi pour la chambre double.. heureusement j’ai accouché à temps pour avoir la dernière chambre de disponible. Mais bon est-ce que je n’aurai pas préféré être dans une chambre double la première nuit contre toutes les autres avec mon chéri ?! Aha.. je pense que si ✨
      Des bisous ma beauté !!

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  4. ton post est touchant ils me font rire avec leurs règles tu as accouché tard ils auraient pu comprendre que tu es besoin de lui moi aussi j’ai détesté mon séjour à la maternité j’ai eu un accouchement difficile du coup j’étais devant le bureau des sages femmes du coup je n’ai jamais réussi à dormir grrrr bis bonne soirée

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  5. Pingback: Mon visage à tâtons dans tes mains | boubou

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